Montredon. Episode 4 : Le reporter Martin Barzilai – Refuzniks

MONTREDON

« Les gens qui refusent de faire l'armée,

les refuzniks,

sont exclu de plusieurs façons.

Ce sont des parias »,

Martin Barzilai – Reporter – Photographe

Refuzniks – ces Israéliens qui ne veulent pas servir dans l’armée.

Refuzniks – Livre de portraits photographiques, accompagnés d’interviews de personnes qui ont refusé de faire l’armée en Israël de Martin Barzilai – Photo © JJF 2018

Photographe de presse, Martin Barzilai publie 47 portraits photographiques dans son denier livre. Un ouvrage fort et poignant.

Le lieu de la rencontre est totalement improbable. En plein mois d’août et en plein Larzac, devant une librairie éphémère « la brebis qui lit », au sein du hameau de Montredon qui compte que quelques habitants l’hiver. Mais Montredon, est un hameau symbolique de la victoire de paysans, qui ont remporté, en 1981, au bout de 10 ans d’un combat acharné, mais non violent, une formidable victoire contre l’état qui voulait leur prendre leur terre.(Lire l’épisode 5 – Le hameau de Montredon)

Martin Barzilai  est venu dédicacer son livre « Refuzniks – Dire non à l’armée en Israël », aux visiteurs du marché paysan de Montredon. Photo © JJF 2018

C’est ici que Martin Barzilai a été invité à venir en ce lieu, pour dédicacer son livre « Refuzniks – Dire non à l’armée en Israël ».  Pour ces quelques heures, il a fait le déplacement depuis Paris.

Il est juste 17 H 30. L’orage est menaçant. Le marché n’ouvre qu’à 18 heures, Martin Barzilai semble disponible pour répondre à quelques questions.

Installé autour d’une petite table, devant la Jasse, (Bergerie typique du Larzac) transformée en librairie pour deux mois, Martin Barzilai semble être, au premier abord, une personne réservée. Il accepte volontiers et sans réserve de répondre à nos questions.

JJF: Bonjour Martin, vous êtes invité par la librairie éphémère « La brebis qui lit » pour dédicacer votre livre Refuzniks. Pouvez-vous nous présenter votre ouvrage ?

Martin Barzilai : C’est un livre de 200 pages aux éditions Libertalia paru en novembre 2017.  Il s’agit de portraits photographiques, accompagnés d’interviews de personnes qui ont refusé de faire l’armée en Israël. Ce  bouquin est soutenu par Amnesty International parce que l’organisation reproche à Israël, entre autres choses, de ne pas avoir de véritable statut d’objecteur de conscience. Elle était intéressée pour soutenir ce projet.

JJF: Comment vous est venue l’idée de ce livre ?

Martin Barzilai :  Je suis allé pour la première fois en 93, j’ai rencontré quelqu’un qui a refusé de faire l’armée. Et puis c’est resté dans ma tête. En 2008, je suis retourné là-bas, un peu pour voir, pour faire un reportage sur les gens qui s’opposaient à la construction du mur. En fait du côté palestinien, mais aussi du côté israélien.

J’ai rencontré d’autres refuzniks. Je me suis dit que ça pourrait être intéressant de faire un truc. J’ai fait quelque chose, à l’époque, un peu vite fait, on va dire, et ça a été publié sur le site internet du journal le Monde, entre autres. Ça a eu pas mal de succès. Je me suis dit que peut-être, ça valait le coup d’y retourner et de faire un travail un peu plus sérieusement.

JJF: Qui sont ces personnes ?

Martin Barzilai : Ils sont de tout âge de tout sexe, des garçons, des filles, un trans.

JJF: Comment avez-vous réalisé ce reportage ?

Martin Barzilai : J’ai interviewé ces personnes qui me racontent leur histoire et qui me disent leur avis sur la situation en Israël actuelle.

Certains d’entre eux, je les ai interviewés plusieurs fois.

J’y suis allé de 2008 à 2017 et du coup pour certains interviewés, j’ai une évolution de leur discours en fonction de leur âge par exemple.

J’ai interrogé des gens, avant qu’ils aillent en prison, d’autres après qu’ils soient allés en prison.

JJF: C’est un travail qui vous a demandé combien de temps ?

Martin Barzilai :  De 2008 à 2017. J’ai été les voir une première fois en 2008, une deuxième fois en 2009. Ensuite, il y a un trou, parce que j’ai vécu en Amérique du Sud. En 2014, je les ai interviewés, parce qu’il y a une attaque sur Gaza « bordure protectrice ». J’ai proposé mon sujet à Médiapart qui me dit qu’il faudrait les interviewer aujourd’hui pour savoir ce qu’ils pensent de la situation nouvelle. Je fais ça par mail, parce que j’étais à Buenos Aires. Cela compléter un peu le point de vue qu’ils avaient. En 2016, j’y suis retourné. J’en ai re interviewés certains et aussi des nouveaux. En 2017, j’ai fini le projet.

JJF: Quelle est la situation des « refuzniks » aujourd’hui ?

Martin Barzilai : Ces gens-là sont exclus de la société.

JJF: Pour quels motifs sont-ils exclus ?

Martin Barzilai : La société israélienne est une société très militarisée.

Les gens qui refusent de faire l’armée, les refuzniks, sont exclu de plusieurs façons. Ce sont des parias. Il y a une cinquantaine d’interviews dans le bouquin

JJF: Qu’entendez-vous par « une société très militarisée » ?

« Les militaires viennent dans les écoles

pour expliquer que l'armée est une institution très importante

et qu’elle défend le pays

parce qu’il est entouré uniquement

de pays ennemis. »

Martin Barzilai : Les militaires viennent dans les écoles. Dès le plus jeune âge, on a des militaires qui viennent expliquer que l’armée est une institution très importante. Qu’elle défend le pays parce qu’il est entouré uniquement de pays ennemis. Qu’il faut absolument faire l’armée et qu’il faut envoyer des cartes postales.

JJF: Envoyer des cartes postales ?

Martin Barzilai : Les enfants doivent envoyer des cartes postales aux soldats blessés. Quand on est un soldat et qu’on est à l’hôpital, on reçoit donc des cartes postales d’enfants de l’école maternelle.

Il y a toute une mentalité comme ça, qui est très, très militariste.

JJF: Dernière question. Vous êtes à Montredon, perdu sur le Larzac. Devant une librairie éphémère. L’endroit est peu banal. Qu’est-ce qui vous a amené ici ?

Martin Barzilai :  Ils m’ont invité. Ils m’ont dit très gentiment « ton bouquin est super. Vient le présenter ». Je suis ravi. Je les ai encore remerciés tout à l’heure. C’est aussi pour moi l’occasion de voir un peu ce qui se passe ici parce que je connais un peu la Lozère toute proche, mais ici je connais assez mal. En ce moment, j’habite à Paris. Mais je suis vraiment ravi d’être ici.

JJF: Merci Martin.

Martin Barzilai :  Merci à vous et bon reportage.

Photographe de presse, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière à Paris, Martin Barzilai est né à Montevideo en Uruguay. Pour son compte ou pour des journaux comme le New York Times, Rolling Stone, l’Obs, Les Echos, Le Monde, etc, il réalise de nombreux reportages photos, dont il sera, pour certains à l’origine du sujet. Argentine, Colombie, Tunisie mais aussi Paris, Barcelone ou encore Israël où il a réalisé l’ouvrage Refuzniks, seront saisis par l’œil du photographe sur des thématiques environnementales, politiques et sociales. Refuzniks, est un reportage et aussi un témoignage sur ces Israéliens qui ne veulent pas servir dans l’armée.

Quelques extraits de son travail sur https://www.martin-barzilai.com

 Lien vers le site de l’éditeur LIBERTALIA

Photographe de presse, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière à Paris, Martin Barzilai est né à Montevideo en Uruguay. Pour son compte ou pour des journaux comme le New York Times, Rolling Stone, l’Obs, Les Echos, Le Monde, etc, il réalise de nombreux reportages photos, dont il sera, pour certains à l’origine du sujet. Argentine, Colombie, Tunisie mais aussi Paris, Barcelone ou encore Israël où il a réalisé l’ouvrage Refuzniks, seront saisis par l’œil du photographe sur des thématiques environnementales, politiques et sociales. Refuzniks, est un reportage et aussi un témoignage sur ces Israéliens qui ne veulent pas servir dans l’armée.

Quelques extraits de son travail sur https://www.martin-barzilai.com

 Lien vers le site de l’éditeur LIBERTALIA

Sur le plateau du Larzac, à Montredon, tous les mercredis de juillet et d’août, se tient le marché paysan. La rareté de l’évènement est un prétexte pour une série d’articles en sept épisodes.

Pour découvrir le contenu de chaque épisode, Cliquez ci-dessous sur ceux de votre choix.

L’épisode 1 est consacré à cet événement rare qui n’a lieu que 8 fois par an : Le marchè paysan.

L’épisode 2 est un florilège de rencontres avec les producteurs du marché.

L’épisode 3 présente la librairie éphémère installée dans l’ancienne bergerie.

L’épisode 4 est une interview du reporter photographe Martin Barzilai, auteur de l’ouvrage Refuzniks, qui est venu à Montredon dédicacer son livre.

L’épisode 5  raconte l’histoire du hameau qui est devenu un symbole. Celui de la lutte gagnée par les paysans contre l’extension du camp du Larzac en 1981. José Bové en fut un des visages emblématiques.

L’épisode 6 voyage sur cette terre aride qu’est le plateau du Larzac où Montredon est implanté.

L’épisode 7 est un reportage photo qui illustre le Larzac sous ses différents aspects

La rencontre avec Géraldine a lieu lors du reportage au marché paysan de Montredon. Géraldine est éleveuse de brebis sur le causse Bégon, au-dessus de Nant .Depuis 2011, elle est membre d’un collectif : le syndicat des éleveurs de brebis Raïoles.Qui dit brebis dit aussi laine. Elle nous explique avec talent et pédagogie le problème de la laine.  

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