RÉFUGIÉS – JOHN VINK

SETE

Le photographe John Vink a fait le déplacement spécialement pour le vernissage de l’exposition photographique « Réfugiés » qui se tient à Sète du 1er février au 27 avril  2019 à la Maison de l’image documentaire. 

Le vernissage de l’exposition du photographe John Vink, a eu lieu à la Maison de l’image documentaire de Sète, en présence de Gilles Favier, Commissaire de l’exposition, Valérie Laquittant, Directrice de la Maison de l’image documentaire et du Docteur Philippe Trinh-Duc, responsable de l’antenne Languedoc-Roussillon de MSF, partenaire de l’exposition. Photo © JJF 2019

John Vink se prête volontiers à la question. © JJF 2019

Si la rencontre fut furtive, car totalement imprévue, elle fait partie de celles  qui marquent. John Vink  sourit volontiers. Il regarde les gens qui regardent les gens qu’il a photographié. Il semble heureux de partager son travail. De faire voir ce qu’il a vu, ce qu’il a perçu. En noir et blanc, avec une distance et un regard humain, humaniste, il est difficile de trouver les mots justes pour décrire ces photographies. C’est certain, il y a un profond respect, mais aussi une volonté de témoigner avec humilité. John Vink explique volontiers sa démarche.

"Être réfugié, c'est le fruit de conséquences !"

« Je n’ai pas voulu photographier du tragique, ni du spectaculaire. [Les réfugiés] Ce sont des gens comme vous et nous qui se retrouvent à un moment dans une situation particulière. Qui se retrouvent  dans des camps. Dans ces camps, on y vit, on y rit, on y pleure. »

John Vink présente un travail de longue haleine. Des clichés réalisés dans une vingtaine de pays, sous des régimes différents, pendant plusieurs décennies. Chaque image est claire, précise, sans ambiguïté. Le cadrage talentueux est toujours respectueux de la dignité, du sujet, mais aussi de celui qui va regarder la photographie. Il n’y a ni heurts, ni voyeurisme. Un vrai jeu d’écriture photographique, riche en talent, tout en nuance. Il saisit, il transporte dans ces endroits où règnent misères et dénuements mais, qui semblent démontrer que quoiqu’il arrive, la vie doit continuer et elle continue. C’est probablement l’aspect le plus troublant de l’exposition.

 » Pourquoi, cet enfant, il n’a pas à manger tous les jours comme moi ? « 

Il doit avoir 3 ou 4 ans. Bien serré dans les bras de sa maman, le garçonnet regarde avec attention chaque photographie. Il en perçoit le sens et l’injustice qu’il s’empresse de signifier à haute voix. Il comprend la situation telle que le photographe l’expose. Claire, nette, sans sensationnalisme, ni dramaturgie outrancière. Son âme d’enfant ne peut pas comprendre, n’y admettre la raison. Sa maman, embarrassée, préfère orienter la réponse autour de la géographie « Toi, tu vis en France « .

John Vink parle aussi de son expérience en Belgique, dont il est issu. Là-bas, aussi aider une personne dans l’illégalité est interdit, comme en France, sauf qu’il y a une nuance. Si la raison est humanitaire, ce n’est plus un délit. De coup, tous les soirs, de nombreuses personnes vont chercher dans la ville des sans-abris pour les héberger.  » pour une ou deux nuits, 3 maximum ».

 » Je voudrais aussi qu’on se rende compte, qu’il y a une solution possible. Qu’une réponse est possible. Qu’il ne faut pas tout attendre des états. C’est une affaire de citoyens, et aussi une réponse individuelle. « 

L’exposition est à voir. Elle offre une pause  dans nos activités quotidiennes, une ouverture sur l’ailleurs. C’est aussi un grand questionnement sur ce que doit-être notre rôle, collectif et individuel. C’est l’histoire de ce monde en marche, le nôtre.

À voir, à Sète, du 1er février au 27 avril 2019 à la Maison de l’image documentaire.

L’exposition est réalisée en partenariat avec Médecins Sans Frontières

Une rencontre avec John Vink et MSF est prévu le samedi 30 mars à 15h30 (date sous réserve)

Pour découvrir le travail de  John Vink  et poursuivre la rencontre c’est ici.

Texte et photographies d’illustration © JJF 2019.

Le reportage photo est réalisé avec un téléphone portable.

Il dégrade considérablement la qualité et ne reflète aucunement les oeuvres exposées.

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