Régine

Fiction – MATAHI – Sixième épisode

Temps de lecture approximatif :  15-19 minutes

La route se déroule en silence, sans encombre.

En moins de trente minutes, ils atteignent les bords de Seine.

Ils sont assis côte à côte.

À plusieurs reprises, Marcello saisit la main de Lilia qu’il glisse entre les siennes. Il a besoin de ce contact, il a besoin de la toucher. Une marque d’affection ? Certes, c’est effectivement un geste identique à celui que fait un père envers sa fille, sauf que Marcello n’est clairement pas le père de Lilia. Cela la met terriblement mal à l’aise mais de peur de fracasser un rare instant de paix, elle n’ose bouger. Une fois passée la gare d’Austerlitz, ils arrivent à la hauteur de Notre Dame. Elle n’a plus son toit.

“Ce fut une terrible soirée”

– “Ce fut une terrible soirée” répète tout ému Marcello,

– “ enfin ce n’est que matériel, ce n’est pas grave, mais il se trouve que j’ai deux phobies, les serpents et les incendies”.

Lilia, surprise de cet aveu soudain, esquisse un léger sourire compatissant. ​

“C’est un ravissement”

 – “Oui votre sourire est un réel ravissement. Oui vraiment, vous devriez le faire plus souvent. » lui dit-il en la regardant bien dans les yeux, la moustache et les pommettes bien relevées.

–  » Ha mince on vient déjà de passer le pont neuf ! Monsieur, s’il vous plaît, arrêtez nous là, au niveau de la rue Guénégaud ce sera très bien. Merci. C’est parfait”.

Comme il l’avait fait au bistrot, de sa poche droite, il sort une liasse de billets et laisse au chauffeur un large pourboire. L’homme semble être d’une nature généreuse.

Remettant sa liasse dans la poche, de la main gauche il prend celle de Lilia et l'aide à sortir du taxi.

– ”J’allais oublié ma promesse. Je suis vraiment un âne ! Il vous faut de quoi passer la nuit. Nous allons marcher un peu, c’est à deux pas d’ici, cela nous fera le plus grand bien”.

Marchant lentement, c’est Marcello qui donne le rythme, ils descendent un petit peu la rue, puis, à la hauteur d’un porche, comme pour la kidnapper, il l’emmène subitement par le bras pour virer à droite. Il pousse un portillon qui donne sur un passage traversant d’un hall immense d’immeuble bourgeois.

– “c’est un raccourci interdit, ne le répétez pas ! À moi, on ne peut rien me dire ! Depuis le temps que je suis dans le quartier, vous pensez,  je suis connu !”

Ils atteignent une cour pavée, puis un autre porche, puis une autre cour, magistrale celle-là. Ils se faufilent entre des voitures stationnées, pénètrent ensuite dans un des immeubles. L’intérieur est tout en marbre. Ils franchissent quelques marches, un demi étage en montée, un long couloir, un autre demi-étage en descente cette fois, une petite porte, plus de marbre, mais du béton brut, une galerie sombre, propre mais étroite. Lilia hésite. Marcello marche devant, il ne s’en rend pas compte. Il poursuit sa route. Un peu inquiète, elle le suit. Plus elle avance, plus la luminosité faiblit et la largeur diminue. Il devient impossible de s’y croiser. L’éclairage direct disparaît. La pénombre s’installe. L’odeur est humide puis devient carrément moisie et mélangée à de l’urine.

 – “C’est un vrai labyrinthe ! C’est un passage réservé au service” dit-il. « Ne vous inquiétez pas ! J’assure grave comme disent les jeunes ! »

Quelques brèves lueurs qui filtrent de l’extérieur entourent ce qui semble être une porte. La course est brutalement interrompue. Un digicode dont visiblement il est connaisseur en est la clé. Quelques chiffres, un claquement sec, un bruit métallique, un mécanisme qui se met en marche et comme un coffre fort, le lourd vantail d’acier s’ouvre  sur une voie. Elle semble transversale à celle qu’ils ont quittée. Avec tous ces tours et détours, Lilia est déboussolée mais rassurée de revoir la lumière du jour et de respirer l’air chaud de fin de journée. Sous le soleil chaleureux du printemps, remettant son bras sous le sien,  il reprend nonchalamment la promenade

-”Vous connaissez un peu le coin, dit-il ?”

– “Du tout !”

– “Vous voilà dans un quartier historique du vieux Paris, en limite de l’enceinte de Philippe Auguste, c’est ici que Molière créa, à 21 ans, sa première troupe, à deux pas se trouve la chambre d’étudiant où Proudhon recevait Marx, vous savez “Agir c’est combattre”, tout proche d’un endroit où Robert Doisneau a pris une photo devenue célèbre, les “amoureux aux oranges”. Nous sommes à proximité de quelques lieux révolutionnaires : jeu de paume et annexe des Beaux-Arts d’où sont sorties de nombreuses affiches de mai 68 !” C’est précisément à cette époque que je suis arrivé ici.

Un porche, une cour enfermée par quatre beaux bâtiments de cinq étages, tout au fond, à l’ombre, un panneau impossible à déchiffrer  tellement il est usé,  surplombe une devanture. Marcello en pousse la porte vitrée, puis d’un geste aussi ample que s’il semait des graines à la volée, à la manière de l’acteur qui fait son entrée, avec sa voix profonde, son ton vaillant, il inonde la boutique d’un « Bonjoooour tout le mONdeeeee !”

Comme on rentre dans une grotte secrète où rien n’a changé depuis la naissance du monde, Lilia découvre cet endroit hors du temps. Avec inquiétude, elle pénètre dans un fourbi gigantesque. L’atmosphère est pesante. Entassés, laissant peu d’espace libre, la quantité d’articles exposés est impressionnante. La lumière faiblarde, jaunasse, vieillotte, peu engageante a du mal à éclairer correctement l’espace tellement la hauteur sous plafond est importante. L’architecture reconnaissable, du siècle dernier, laisse à penser qu’à l’origine l’endroit fut construit pour abriter des calèches, des voitures ou des autobus. Mélange de structure d’acier, de poteau en ferraille, rond, d’ habillage du mobilier en bois sombre et rouge. Une vague comme une sorte d’étouffement la saisit. Ce n’est qu’un magasin de vêtements “ancien modèle” se dit-elle pour se rassurer “vintage, quoi !”

L’anxiété monte. Comme si elle sortait d’un rêve, elle a le sentiment de ne rien avoir à faire ici, de ne pas être au bon endroit et surtout, de ne pas savoir quoi faire.  La jeune femme se rendant compte soudainement de l’inconscience avec laquelle elle suit cet inconnu est tétanisée. Pourquoi diable s’est-elle laissée embarquer dans cette histoire ?

Une atmosphère étrange plane dans cette sorte de pièce rectangulaire, pourtant pas plus grande que son épicerie de quartier mais au plafond tellement plus haut.

Le personnel, nombreux, dispersé, est en nombre disproportionné par rapport à la faible surface de vente. L’uniforme à dominante bordeaux, sans doute fourni par la maison, donne un petit air « pompes funèbres » à l’ensemble. Tout ce petit monde couleur vinasse, silencieux, peu expressif semble la dévisager, la jauger peut-être même.

La marchandise occupe les deux largeurs de la boutique. D’un côté, les rouleaux de flanelle, tweed, soie, lin, laine, velours et autres étoffes, étalés à plats et d’autres empilés dans des rayonnages qui montent jusqu’au plafond, de l’autre, des vêtements organisés en deux rayons, renseignés par des petits panneaux en forme de flèches, imitant une écriture calligraphiée : hommes et femmes

Sur trois hauteurs, pendus à des portants escamotables, vestes, chemises, costumes, cardigans, shorts, jupes, robes, pantalons et pantacourts attendent sagement le client. Entre les deux, strictement au milieu, de façon à former un carré parfait, sont installés quatre comptoirs. Très bas mais suffisamment larges ils ont sans aucun doute été conçus pour le commerce du textile. Tout est prévu pour y dérouler le long des repères peints en blanc, quelques bonnes longueurs de tissus. Au fond, de vastes miroirs ceinturés par une cornière en laiton, masquent des cabines d’essayages et vraisemblablement un ou deux bureaux. Un couloir sombre donne accès à l’entrepôt où siègent stock et commodités dont un panneau indique le chemin à suivre pour les atteindre. En façade, de larges vitres bien propres laissent heureusement passer un peu de lumière du jour. Probablement une démarche marketing de l’époque voulait-elle que l’absence de vitrine d’exposition permette au passant une vision intégrale de l’intérieur. Aujourd’hui on appelle cela  une « expérience immersive ».

– “Bonjour Marcello” répondent en chœur plusieurs voix.

Il ne semble pas qu’il y ait d’autre client dans l’établissement.

– “Que puis-je pour ton service, mon bon ?”

Une femme, qu’on imaginerait bien en âge d’être en retraite, s’avance, en trainant son surpoids qu’elle tente de cacher par un long drapé noir faisant office de robe fendue. Afin de déclencher un effet savamment calculé, chaque pas est exagérément  marqué. La frappe au sol de chaque pied, fait remonter une vague de sa robe à sa blonde crinière en déclenchant une ondulation qui se veut voluptueuse. Fortement maquillée, sans excès, sans chercher à masquer les années, sans un regard vers Lilia, de son mètre cinquante cinq avec talons hauts, elle regarde fixement en l’air en direction du visage du grand Marcello. Lui, à l’inverse,  comme il regarderait un enfant, vise le bas.

– “Bonjour Régine, toujours aussi ravissante !

Je te présente une amie, Lilia. Elle a besoin d’un nécessaire de nuit. “

– “C’est pour une nuit agitée, je suppose ? », dit Régine

Marcello évitant le regard de Lilia, fit mine de ne pas entendre.

– “Lilia, je vous laisse entre deux bonnes mains. Régine connaît son affaire. Pensez donc, depuis plus de 50 ans maintenant, hein c’est bien cela, Régine ? Je ne me trompe pas ? Elle va vous trouver la tenue de vos rêves, justement pour que vous en fassiez de merveilleux. Je vous laisse, je vais faire une course à côté. Je passe vous prendre au retour.”

– “Non, restez ! ”

Lilia, d’une voix forte, claire et sèche presque comme s’il s’agissait d’un ordre, surprise elle-même par ce ton spontané, un tantinet péremptoire qui lui est venu naturellement, confuse,  s’empresse d’ajouter,

– « Restez s’il vous plaît. J’ai besoin de votre avis. Après tout cela vous concerne aussi !”

Marcello est un peu interloqué. Il n’a plus l’habitude et depuis fort longtemps, d’être contrarié dans la marche de ses mouvements, de ses intentions, de ses projets et dans la direction que doivent prendre ses pas. Cela fait des années qu’il organise ses journées à sa guise. Il n’a comme asservissement que lui-même et c’est son choix, son combat. Libre comme l’air, à l’abri de tout besoin matériel, il vaque à ses occupations au rythme de ses humeurs et de sa santé.

Le sentant hésiter, Lilia réitère sa demande :

– « Restez s’il vous plaît, restez, vraiment, j’ai besoin de vous !”

La raison de cette demande lui échappe. D’un certain côté, elle le gêne même un peu. Il n’a pas l’habitude de s’occuper de la lingerie des dames, surtout d’une inconnue et en plus ça ne le passionne vraiment pas. Il est d’autant plus embarrassé, qu’intuitivement il sent que pour Lilia c’est important qu’il reste. En plus, Marcello se dit qu’un petit peu de piment ne ferait pas de mal à l’étrange situation de leur rencontre. Il apprécierait de découvrir son choix, un peu plus tard, par surprise, ailleurs que dans cette échoppe “old school”, loin de Régine.

– “ Soit ! ”, dit-il en se retournant,  “vos désirs sont des ordres, princesse. » La sentant hésiter, Marcello prend la direction des opérations.

– « Que préférez-vous : chemise de nuit ou pyjama ?”

Sans aucune hésitation Pyjama fut son choix

– “Va pour un pyjama, Régine que pouvez vous proposer à cette jeune femme comme pyjama de qualité, qui ne soit pas trop démodé ?”

Se tournant vers un très jeune homme, dont le titre de stagiaire masque probablement le rôle de larbin,  Régine donne des instructions incompréhensibles pour des néophytes, toujours est-il qu’il part en courant. Quelques minutes plus tard, tout en sueur, il réapparaît prestement. Dans ses bras une pile de cartons superposés. Elle est si haute qu’elle le dépasse légèrement et lui bouche quelque peu la vue. Prenant chaque carton l’un après l’autre, Régine les aligne sur le comptoir, cote à cote. Elle enlève chaque couvercle qu’elle glisse en dessous. Comme s’il s’agissait d’un protocole à respecter, elle ouvre soigneusement le papier de protection et tire un peu chaque contenu, bien plié, rigidifié par un support cartonné, qu’elle dispose en biais sur le bord de l’emballage en guise de présentoir.

– “Ils sont tous en soie véritable, vous avez l’embarras du choix n’est-ce pas ?”

Au vue de l’échoppe, et de sa tenancière, Lilia était un peu inquiète. La surprise des modèles présentés est agréable. Elle s’attendait à un style pour grand-mère avec des couleurs mièvres telles que du mauve, du vieux rose, du rouge carmin or ce n’est pas le cas. Chacun est magnifique, un imprimé qui ressemble à un tableau de Picasso mal déplié, un autre aux multiples rectangles de couleurs formant une belle géométrie rappelle les œuvres de Mondrian mais en moins cubique, enfin les autres sont unis, un bleu diamant, un vert jade, un noir,  un saumon, un bleu pétrole.

Probablement  dans l’idée de découvrir ce que Marcello envisage, Régine va chercher dans ses stocks deux autres cartons. Elle les ouvre et les présente de la même façon que précédemment. La mise en scène, s’accompagne cette fois d’un coup d’œil goguenard envers la jeune femme. Sa voix rocailleuse se transforme en un son presque aphone d’une annonce de la SNCF. Il manque juste le jingle annonciateur.

-”une petite nuisette bordeaux, échancrée, bordée de broderies noires sexy,” qu’elle s’empresse de caresser de sa main, “ ainsi qu’un ensemble  pyjashort en soie bleue électrique à dentelle aussi sexy.

– Celui-ci, d’ailleurs, vous irait à ravir” rajouta-t-elle

– “vous souhaitez peut-être l’essayer ? »

Marcello sentant le coup venir, s’interposa

– “Vous êtes certaine que c’est la bonne taille ?”

– “Oui, aucun doute possible, n’ayez crainte, vous pensez, on a l’habitude !”  répond Régine d’un ton sec, visiblement contrefaite.

Lilia, embarrassée par l’attitude de la patronne et par la durée que prend l’exercice, se tourne vers Marcello et lui demande lequel il préfère.

– “C’est à vous de voir, chère Lilia, c’est vous qui allez le supporter”,

– “Je crois que je vais rester classique,” dit-elle, “je vais prendre le saumon, c’est pas très original, mais ça passe partout.” Au fond d’elle  même, Lilia ne sait plus du tout où elle va, ni ce qu’elle fait. Son attitude qui laisse à penser que tout est normal et naturel la surprend.

– “Fort bien,” dit Marcello “va pour le saumon et en robe de chambre que pouvez vous lui proposer ?”

– “C’est très simple, j’ai une robe de chambre courte en soie ceinturée totalement assortie au pyjama. L’ensemble est du plus bel effet, mais ça irait mieux avec une nuisette, je vous assure ! Qu’est ce que vous en dites ?”

Lilia pressée d’en finir,  acquiesça.

– “Parfait, dit Marcello, nous prenons aussi la robe de chambre. Vous nous faites porter tout cela dans une heure ? Nous avons encore quelques courses à faire. Je vous dois ?”

– “Voyons voir, un pyjama à 321, un dessus à 426, ça nous fait 747 tout rond, cher Marcello”.

Lilia n’en croit pas ses oreilles.

C’est de sa poche gauche qu’il sort, cette fois, une liasse de billets. Coincées dans une pince en métal argenté, ornée d’une médaille, de ce qu’on peut apercevoir,  il s’agit exclusivement que de coupures de 500 euros. Il en pose délicatement deux sur le comptoir, bien visibles, fait un large sourire au personnel, salue Régine et prend Lilia par le bras, comme il en a désormais l’habitude. Ils sortent tranquillement de la boutique, non sans avoir jeté, juste au niveau du seuil de la porte, l’un comme l’autre, tour à tour, un œil réprobateur vers Régine.

– “Voilà une bonne chose de faite,” dit Marcello.

– “Je suis désolé, Régine est quelque peu lourde et grossière, c’est son côté authentique, mais par contre elle est terriblement bien achalandée.” Il ne laisse pas le temps à Lilia de lui répondre.

– “Il reste à nous approvisionner pour le repas. Je vais téléphoner à Nuwan. Il nous livrera la marchandise et pour les produits d’hygiène et de toilettes, une pharmacie-parfumerie ferait-elle l’affaire ?”

–  “Oui bien sûr, » dit-elle timidement.

Comme par hasard, ils passent juste devant une grande échoppe qui fait aussi herboristerie. Marcello ne souhaite pas accompagner Lilia dans ses achats, ce qui lui convient aussi parfaitement. Sans entrer, il fait à l’adresse du boutiquier, un ensemble de gestes de la main suffisamment explicite pour qu’il comprenne son salut et “ tu le mets sur ma note”. Le message semble bien perçu par le pharmacien, qui aussitôt en retour, lui fait un large geste, suivi d’une main posée à l’endroit supposé du cœur.

Une odeur de café flotte sur la rue. Pour se rendre à bon port, par les trottoirs étroits, il suffit de passer devant la brûlerie du torréfacteur  de luxe et de remonter la rue de Seine, jusqu’au bout, jusqu’au fleuve. En passant, Marcello a repris son rôle de guide. Il montre à Lilia la maison dans laquelle a résidé George Sand, lui fait admirer quelques beaux et moins beaux objets de nombreuses galeries d’arts. “Ça la détendra !” pense-t-il.

Les voilà devant la statue de la république qui marque la fin du parcours. Derrière eux, un petit immeuble de trois étages sur un rez-de-chaussée. Au premier, sur toute la longueur de ce qui serait son bel appartement s’étend un large balcon qui fait face à la Seine.  Lilia remarque tout de suite que la hauteur de chaque niveau équivaut à peu près à deux étages d’immeubles de sa banlieue.

Une grande librairie d’un côté.

– “Je l’ai toujours connue là,  j’ai d’ailleurs une photo étonnante de 1912, sur la devanture est indiquée “Librairie ancienne et moderne, achats de bibliothèques et d’autographes”,  de l’autre, une vaste entrée, un ouvre porte doré, à code secret, un monumental portail de verre et de fer, il doit mesurer  la largeur d’une diligence de l’époque, une arcade sculptée couvrant toute la longueur de l’entrée qui donne sur une grande cour. Sauf à en être le concierge, Marcello ne semble décidément pas de la race des paumés sans abris.

– “Pour l’instant il ne m’a pas menti”, se dit Lilia.

– “Anatole France est né juste à côté, au 19”, lui dit-il.

Trois marches à gauche font face à trois marches à droite.

– “Choisissez votre parti, gente dame, gauche, droite ?”, poursuit-il “ tous les chemins mènent chez moi”.

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