Tête à tête au petit déjeuner

Fiction – MATAHI – Seizième épisode

Temps de lecture approximatif :  32-42 minutes

A peine réveillée, à moitié couchée, à moitié assise, Lilia entend le mécanisme des volets roulants s’activer puis au moment où un léger interstice s’est créé entre chaque lame, il s'interrompt.

Une lumière douce, chaleureuse perce les stores et projette son ombre sur le décor. Il semble qu’il fasse beau. La température est juste ce qu’il faut. Lilia se lève et comme si elle commandait du personnel de maison, la mécanique automatisée se met à  nouveau en route et agrandit un peu plus le passage lumineux. Sur un fond bleu apparemment sans nuage, elle devine un soleil généreux. “Joli milieu de printemps”, se dit-elle.

Assise au bord du matelas, ces deux mains appuyées de chaque côté, elle regarde ses jambes qui touchent à peine le sol et ses doigts de pieds faire leur gymnastique matinale. Elle a probablement passé une bonne nuit. Son corps lui semble reposé mais son esprit est encore un peu las et fatigué. Elle a une étrange sensation. Comme si elle était dans une grotte obscure, elle a le sentiment que des ampoules électriques s’allument les unes à la suite des autres, progressivement, par petites touches, éclairant chacune un des événements de ces derniers jours. Un à un, les rares joyeux et les nombreux pesants remplissent son cerveau encore ensommeillé.  Signe que le réveil est en marche.

Rapidement, la nostalgie, puis la mélancolie et un vrai cafard plombent le bénéfice de son repos physique. Envahie d’amertume et d’un certain dégoût, elle compte sur une bonne douche pour liquider ce passé, rincer ses humeurs fétides et laisser place à un avenir tout propre et empli de sérénité.

L’eau qui coule à flot, la lumière chaleureuse, les jets massants tout est bon pour profiter du moment. Sous la pluie fine et large, à l’aide d’une éponge enduite d’un savon aux senteurs exotiques, avec énergie, elle frotte et frotte son corps. L’évacuation n’arrive plus à gérer le trop plein de mousse. Seule l’eau se faufile par en dessous. Croit-elle au miracle ? Attend-elle un signe ? Mystique, elle appelle de ses vœux, les yeux fermés, un moment de grâce. Puisse cette eau de la ville purifier son esprit encore un peu liquide !

Dans diverses positions, comme pour décoincer des articulations bloquées, elle passe et repasse sous le jet. Elle prend soin de bien tremper son visage afin que même ses yeux soient lessivés. Ses cheveux bouclés, devenus très longs et raides comme des piquets par la force hydraulique, couvrent désormais la cambrure de ses reins. Le millier de gouttes qui tombent et parfois rebondissent sur la paroi de verre, en s’éclatant comme un feu d’artifice diffusent un joli bruit de cascade. La diffraction des rayons qui percent les gouttelettes illuminent un peu ses sombres pensées. “Allez, assez joué, il faut se bouger”.

Au moment où elle veut saisir ses vêtements, elle se rappelle qu’elle ne peut pas s’habiller. C’est toute de soie vêtue, qu’elle est condamnée à prendre son petit déjeuner. Bien qu’elle soit davantage rassurée que la veille, se présenter en pyjama ne lui convient qu’à moitié. Certes, l’homme n’a rien d’un vampire, il semble même être plutôt brave, son comportement respectueux, attentionné, semble incompatible avec celui d’un être pervers, mais quand même, débouler au petit matin en tenue de nuit ne lui sied qu’à moitié. “ Sait-on jamais, reste sur tes gardes ma grande. De toutes façons tu n’as pas le choix ! ” se dit-elle.

Dégoulinante, elle quitte la salle de bain embrumée. La chambre est inondée de soleil la sèche rapidement. Il est déjà haut dans le ciel. Elle n’a aucune idée de l’heure qu’il est. Elle se glisse dans la soie douce. Le couloir est d’une clarté surprenante, éblouissante. Tirant la porte qui sert de jonction, elle entend une musique gaie et mélancolique.

Des violons nonchalants, un piano languissant, quelques cuivres éclatants, le chant d’une femme à la voix grave, presque rauque qui laisse filer entre ses lèvres les mots d’une langue chaleureuse, celle du Cap-vert, pénètrent l’âme de Lilia. Reconnaissable entre toutes, parfaitement placée sur la musique, au rythme de ses syllabes qui ont fait le tour du monde, Césaria fait langoureusement défiler chaque phrase, : “Oi tonte sodade sodade sodade, Oi tonte sodade sodade sem fim, La na céu bo é um estrela, Ki catá brilha, Li na mar bô é um areia, Ki catá moja…”

Il suffit parfois de peu de choses pour inverser une tendance maussade. Lilia se sent soudainement presque heureuse, en tous cas allégée d’un poids. Une délicieuse odeur de grillades mêlée à celle d’un café corsé flotte dans l’appartement. “Pour être totalement transportée, il ne manque que les flots de l’océan s’échouant sur la roche. L’ambiance “capo verde” tombe à merveille” se dit Lilia qui apperçoit Marcello qui traverse le couloir. Il tient dans les mains, un livre blanc très épais  “Histoire mondiale de la France”. L’apercevant, il lève machinalement les bras, de son réjoui et réjouissant sourire, il l’accueille ravi.

– “Ha, Lilia, bonjour, je suis heureux de vous voir. J’étais impatient d’avoir de vos nouvelles. Avez-vous bien dormi ?”

Et voilà qu’apparaît à nouveau le sourire enchanteur et réconfortant de Marcello. Elle l’avait presque oubliée. En tout cas, elle ne s’en rappelait plus les détails ni la mécanique exacte de sa fabrication. Magique, comme si elle était interconnectée au sien, se crée chez elle en réponse, instinctivement, automatiquement, un large sourire en retour.

– “Ha, formidable ! Magnifique ! Quelle belle récompense vous me faites là, Lilia ! Quel merveilleux sourire ! Je dois vous avouer que j’ai eu une nuit quelque peu extravagante. J’avoue que j’ai légèrement brassé. Ce doit sûrement  être le contrecoup de la journée d’hier qui fut tout sauf banale. C’est un honneur de vous rencontrer, mais du coup, je me suis soudainement inquiété. “

Prenant Lilia par le bras, il l’emmène dans la salle à manger. Envahie par la lumière violente du soleil, elle est encore plus étrange mais beaucoup moins inquiétante. Selon le type de bois les sculptures se teintent tantôt de rouge profond, tantôt de noir mat, intense. Les oiseaux ternes le soir sont devenus chatoyants. Le blanc des photographies irradie les zones d’ombre du gris. Les objets se parent de brillance et de nuances qui leur donnent un brin d’existence. Les tableaux eux, sont toujours aussi moches.

Il la fait s’asseoir. Face à elle, un set de table en rabane semble délimiter l’emplacement autorisé pour la zone de restauration. Une gamme d’ustensiles divers et variés, des couverts sont disposés à sa droite. Marcello lui tend une serviette de table immaculée puis reprend son monologue enjoué.

– “ Hier soir, en vous déposant ce baiser hasardeux sur le front, dont je  vous prie de m’excuser à  nouveau, il m’a semblé vous sentir légèrement fiévreuse. Je ne vous ai rien dit, je ne voulais pas vous tourmenter davantage. J’ai attaqué la lecture un peu compulsive de plusieurs ouvrages puis la fatigue de la journée a eu raison de mes élucubrations, je me suis endormi comme un bébé, là, à côté dans un fauteuil du salon. C’est en milieu de nuit, vers trois heures je crois, que presque pris de panique, je me suis réveillé en sursaut, plein de courbatures. Des angoisses, une sueur froide, des palpitations, une transpiration abondante, mon imagination débordante, votre moment d’égarement, enfin, je vous passe les détails, tout s’est embrouillé dans mon vieux cerveau et il a fallu que je vienne m’assurer que tout était en ordre. Je devais vérifier que vous alliez bien. J’espère ne pas vous avoir réveillé. Je dois vous avouer qu’une fois que j’ai perçu la chaleur de votre corps, que j’ai entendu cette profonde respiration, que vous sembliez apaisée et surtout bien vivante, et qu’enfin le toucher de votre front ne laissait entrevoir aucune température alarmante, je me suis retiré en tout bien tout honneur cela va de soit, mais ça m’a fait un bien fou. Avoir quelqu’un pour qui s’inquiéter m’est finalement d’un suprême réconfort. C’est ainsi qu’en pleine débauche nocturne, je me suis servi un bon peu de whisky. Oui, Lilia, une bonne rasade. Ça vous fait sourire hein. Vous avez raison, c’est un petit peu grotesque mais ça me change et parfois le changement a du bon ! Je n’ai que mon sujet à avoir en inquiétude et à vrai dire, cela ne me passionne pas vraiment. Alors merci de toute cette confiance que vous m’accordez avec générosité. Je souhaite que cette journée qui démarre soit, pour vous, radieuse et réconfortante. Mais je manque à tous mes devoirs. Vous me troublez ! Pardonnez moi un instant, je reviens !”

Marcello réapparaît en poussant son fameux chariot des années cinquante, abondamment chargé, sur lequel entre autres, de très nombreux couvercles chromés masquent le contenu d’assiettes.

– “ Thé, café ? Qu’est ce qui vous ferait plaisir ?”

Il dépose sur la table une théière, une cafetière, un pot de lait, un thermos chromé, les assiettes qu’il découvre au fur et à mesure. Oeufs au plat, tranches de lard fumé, omelette, oeufs brouillés, corn flakes, corbeille à pains de toutes sortes, cinq ou six pots de confitures avec pour chacun sa cuillère en argent, saucisses, oeufs dur, une petite salade verte agrémentée de rondelles de tomate, fromages de toutes les couleurs et de toutes sortes en tranches, en rond, en carré, un panier de fruits exotiques, des oranges, des mandarines, des pommes, des flacons translucides contenant des jus de toutes les couleurs, des morceaux de tartes, Lilia ne sait plus où donner de la tête et à vrai dire, elle est un peu embarrassée.

– “ C’est royal, dit-elle. C’est trop, il ne fallait pas !”

– “ Ce sont les amis que voulez-vous. C’est Nuwan qu’il vous faut remercier. Il est très attentionné. Il s’en voudrait qu’il vous manqua quelque chose au petit déjeuner. Et encore, il s’est limité au menu continental. Vous échappez à son traditionnel et délicieux curry ou encore son merveilleux rougail des Mascareignes. Restaurez-vous Lilia. Mangez à votre faim. Il est 11h30, si vous en êtes d’accord je vous propose de faire un brunch, comme on dit. Du coup m’autorisez-vous à vous accompagner ?”

Lilia ne sait que répondre. “Marcello est chez lui, il fait bien comme il veut”, se dit-elle. Heureusement, il ne lui laisse pas le temps d’ouvrir la bouche.

– “Il manque juste un peu de vin, je reviens”

Deux verres à pied et deux flûtes à champagne dans une main, deux bouteilles coincées entre les doigts dans l’autre, Marcello est visiblement heureux de cette matinée.

– “Alors Lilia, avez-vous commencé à lire ?”

A croire qu’il le fait exprès et qu’il attend pour lui poser des questions, le moment où la bouche de Lilia est au plus chargée. Elle développe à nouveau son “art de la réponse par temps de bouche pleine”, et acquiesce d’un geste de la tête. Sans aucun dégât, elle arrive miraculeusement à prononcer quelques mots.

– “ Le premier chapitre seulement, après j’ai honteusement plongé.”

– Ha les bras de morphée, vous avez eu raison d’y céder. Il faut que je vous donne des explications sur les voyages de mon enfance alors et l’endroit magique, magnifique et surtout très libre où je suis né, mais j’ai une petite contrariété. C’est incroyable, c’est un hasard absolu, mais parfois il fait bien les choses. Il se trouve en effet, que ce matin, j’ai reçu un étrange courrier. C’est une lettre en provenance du quartier de mon enfance. Son contenu m’impose de me rendre sur place rapidement, toutes affaires cessantes.”

Lilia regarde Marcello. La tête penchée sur ce courrier manuscrit, il tourne et retourne la feuille de papier entre ses mains. Une page recto verso. L’écriture à l’encre verte est propre et appliquée mais assez grosse. Lilia se dit que la personne qui écrit ne doit pas avoir une bonne vue. Marcello fait une moue de ses lèvres, elle plisse bizarrement sa moustache. Il plie soigneusement la lettre, exactement comme elle l’était dans son enveloppe et la glisse dans la poche arrière de son pantalon de toile bleue.

– “ Ha, je suis désolée, rien de grave j’espère ?”dit Lilia, perturbée.

– “ Non, rassurez-vous.

C’est enfin un petit bout de mon histoire qui va s’éclaircir. Vous le lirez dans le manuscrit, il y a quelques zones d’ombre.  Comme je dois descendre vite et que je crains un deuxième confinement, j’ai réservé un TGV. Mon sac est fait. Un taxi va venir me prendre en bas dans une heure. Ce que je vous propose Lilia est simple. Je vous laisse l’appartement, le manuscrit, un numéro de téléphone et ma carte de visite. ”

– “Mais, je ne vais pas rester alors. Je voudrais pas abuser.”

– “Lilia, ne vous faites pas de mouron. Vous êtes ici, chez vous !

Je reviens sûrement demain ou après-demain. Vous l’avez compris, vous ne dérangez personne. Vous devez vous reposer. Profitez de ces belles journées. Francesca est prévenue, elle a les clés et est très discrète. Elle vient tous les matins de 9 h à 11 h. Laissez lui de la lessive à faire, du ménage ou encore demandez lui quelques courses aussi, cela lui fera plaisir, elle a terriblement peur de manquer de boulot et de se retrouver au chômage.

L’appartement, vous le connaissez, le manuscrit vous l’avez, le numéro de téléphone c’est celui de Nuwan, mon ami épicier et surtout homme de confiance. Il connaît tout sur la maison et son entretien. Il va vous vous sonner pour vous expliquer les ouvertures et fermetures des portes et organiser les commandes de repas. Si vous avez le moindre souci, vous n’hésitez pas. Hop ! vous l’appelez ! Enfin au cas où ma voix vous manquerait, voici ma carte de visite avec mon mail et mon mobile. Dans le tiroir du buffet, il y a quelques billets, servez-vous, ils sont de ma fabrication et vous savez désormais que si à mon retour ils ont disparus ils vont terriblement me manquer. Allez, déjeuner, ça va refroidir.”

Il s’absente un moment. A son retour, il est vêtu d’un pull over rouge/rose qui recouvre une chemise blanche très chic.

– “Je vous aurais bien proposé de m’accompagner, mais l’affaire est un petit peu embarrassante.

Il y a dans le manuscrit quelques clés qui vous expliquent mon départ soudain  et, à vrai dire, j’espère bien revenir demain avec celles qui manquent. Celles que je ne savais pas où aller les trouver. Ce n’est pas faute d’avoir cherché.”

Il s’assoit à nouveau, pique dans quelques plats, une tranche de lard par ci, une saucisse par là, une omelette au milieu et deux ou trois feuilles de salades. Il arrose le tout d’une grosse dose de ketchup puis il reprend  son souffle en regardant Lilia dans les yeux, lui sert du vin et, imperturbable poursuit son récit.

– “ Je dois rencontrer un fantôme, l’homme invisible en quelque sorte. Apparemment ce n’est pas un immortel. Le fait de sentir la mort le frôler et sa dernière heure arriver, cela le pousse à la confidence. Depuis mon enfance, cet individu avait purement et simplement disparu de la circulation. Impossible de trouver jusqu’à maintenant le moindre indice et ce matin, le voilà, il déboule brutalement, soudainement. Cette lettre est en quelque sorte une bénédiction ! Oui une véritable bénédiction. Du moins je l’espère ardemment ! ”

Marcello fait le service. Très attentionné, il insiste plusieurs fois afin que Lilia se laisse séduire par les mets divers “mais pas avariés » et qu’elle ne se laisse pas mourir de faim. Il est enjoué mais plus le temps passe, plus il est nerveux. Il remue sur sa chaise, avale une dernière grosse rasade de vin, pose son verre un brutalement sur la table, s’essuie les lèvres et se lève avec énergie.

– “Bien Lilia, le devoir m’appelle, je vais vous abandonner, si je puis dire ainsi. Soyez sans crainte, tout ira bien ! Prenez donc un fruit, c’est du tonus pour la journée !

Profitez de la maison, des beaux jours et de la capitale. Je suis l’avancement de votre dossier et si j’ai du nouveau je vous tiens au courant. Je pense qu’il va falloir quelques jours avant que nous ayons quelques informations tangibles.”

 

Passant par le salon, il saisit au passage une veste en lin crème posée sur le rebord du canapé. Il l’enfile avec élégance. Vérifie la bonne fermeture de la ceinture de son pantalon, tends le bas de son pull over et fouille fébrilement dans ses poches, d’abord celles de devant, puis, plus nerveusement encore  celles de derrière.

– “Je vais la mettre plutôt dans la veste, je risque moins de la perdre. Lilia, je vais dans le sud.  Je n’ai rien pris pour la pluie, il fait beau et chaud à ce qu’on m’a dit. Allez prenez soin de vous ! ”

– “Je vous souhaite bon voyage alors !”

– “Merci, Lilia, prenez vos aises, vraiment, n’hésitez pas, sinon je serais contrarié. Si le téléphone sonne, ne vous croyez pas obligé de répondre. Suivez vos intuitions, il n’y a aucune urgence. Je vous tiens au courant quant à la date exacte de mon retour.”

Lilia se lève, Marcello est déjà parti. Elle se penche par la fenêtre et se rappelle que c’est de cet endroit précisément, qu’un soir d’été, il a vu ses amours partir pour ne jamais revenir.

Monsieur

J’ai découvert ce matin dans ma boite aux lettres un prospectus de la Mairie qui organise une rétrospective de photographies au profit de l’association de sauvegarde du parc naturel. J’ai reconnu votre nom et l’histoire que vous avez vécu ici jusqu’à votre dixième année. C’est aussitôt que j’ai saisi la plume pour vous écrire. Je ne sais pas si vous vous souviendrez de moi, ni de la première baraque où vivait un jeune homme seul. Vous étiez enfant et moi j’avais 20 ans aujourd’hui j’en ai 82 et suis atteint d’une maladie grave dont l’issue est je pense pour très bientôt, avant la fin de l’année. Avant de mourir,  je tiens à vous faire des révélations que je n’ai pas pu faire avant qui vous concernent et que je ne peux pas écrire au risque de créer du danger. Il s’agit notamment de la disparition successive de vos parents.  Je ne peux hélas pas me déplacer. Je serai heureux que vous me rendiez visite au plus vite. Vous n’avez pas besoin de prévenir, je ne sors plus de chez moi. Je suis toujours à la même adresse. Même si le quartier a bien changé, je suis certain que vous reconnaîtrez l’endroit. Je compte sur votre prompte visite.

Salutations –

B Luciano

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